La reine des fruits
Je me souviens que ma grand-mère en avait souvent un dans sa corbeille de fruits : l’ananas était beau, sentait bon, mais prenait du temps à la découpe ; et puis, je le trouvais toujours trop acide !
L’ananas, je l’aimais en rondelles sur les gâteaux, ou en soda…et en confiture aussi ! Aujourd’hui, j’aime en mettre dans des plats sucré-salé.
C’est un fruit qui vient d’Amérique du Sud, qui était déjà cultivé par les premiers habitants du continent il y a des milliers d’années.
En Martinique, il est introduit vers 1548. On dit que les amérindiens l’y appelaient “nana” ou “nana nana”. Il y pousse particulièrement bien, grâce au climat humide, aux sols volcaniques riches et la chaleur constante.
La variété locale dont j’entendais souvent parler dans mon enfance est le Victoria. On dit que c’est le plus sucré et le meilleur ananas du monde. Mais la plus répandue, elle, s’appelle Hawaï. Je serais bien incapable de dire laquelle de ces deux variétés se trouvait dans mon assiette.
Dans les années 1930-1950, les plantations se sont développées, on en produit des conserves. Mais depuis les années 2000 on observe une chute massive de la production et une forte baisse du nombre de producteurs. Aujourd’hui, la culture existe toujours mais elle reste artisanale et locale, concentrée dans le nord de l’île.
Pour moi, l’ananas, ce sont les champs sur les mornes du nord de l’île, qui tranchent avec les plus habituels champs de canne ou de banane. C’est un fruit qui trône sur les étals de marchés et qui attire l’oeil. C’est la lumière qui s’engouffre par la baie vitré et glisse joyeusement sur sa couronne, puis sur ses écailles, dans la corbeille de fruits. C’est l’acidité qui me fait faire la grimace, dans la salade de fruits frais, après un bon repas dominical. C’est l’odeur chaude et réconfortante du gâteau dans le four, les tranches qui apparaissent en démoulant et qui promettent de fondre dans la bouche.
