Chaque souvenir de mon île natale est une bestiole imaginaire encapsulée.

Certaines créatures viennent des forêts ; les miennes naissent dans mes souvenirs.

Il existe des créatures que nous sommes capables de reconnaître même en les voyant pour la première fois.

Comme si elles existaient ailleurs que dans le réel, mais pas en dehors de nous.

Elles prennent forme à partir de nos souvenirs, de notre culture, de notre histoire commune.

Elles se complètent, elles se mêlent, elles se transforment.

Ces créatures que nous sommes capables de reconnaître et de comprendre, alors même qu’elles ne sont que fictives, ce sont elles qui nous rassemblent. Un lien se crée lorsque tu reconnais tes propres souvenirs dans les bestioles que je dessine.

Un lien qui nous permet de rester unis et connectés à nos racines, peu importe la distance, les mers, les océans qui nous en séparent.

Le concept de Betapoch Sorbékoko

Dans Betapoch Sorbékoko, j’imagine des créatures fictives en fusionnant des éléments du territoire martiniquais avec les codes du monster design et du jeu vidéo.

Chaque bestiole naît d’un mélange qui peut associer faune et flore locales, objets traditionnels, cuisine du dimanche… tout ce qui fait à mes yeux la culture de la Martinique. Un mélange toujours très influencé par mes souvenirs d’enfance.

La Martinique que j’ai choisi de raconter

Quand je regarde la télé ou que j’entends des personnes extérieures avoir un avis sur mon île natale, j’ai souvent l’impression que la culture martiniquaise est vue soit comme figée dans le temps, soit inexistante.

Vous êtes tellement loin de la vérité.

C’est une culture qui vit, même hors de son territoire. C’est une culture qui évolue. Une culture qui brille et transperce le moindre drap opaque qu’on tente de lui jeter à la face.

Pourquoi en serions-nous si fiers autrement ?

Mon île est un territoire habité. Un territoire traversé par des mémoires, des fractures, des héritages, des attachements, des classes sociales, des récits contradictoires, des formes de beauté parfois discrètes. Pas une terre vierge que l’on conquiert.

Même déraciné, j’y reviens, j’y reviendrai toujours, en invoquant mes bestioles encapsulées.

Pourquoi ce projet

Les Antilles possèdent tout ce qu’il faut pour nourrir un immense univers narratif : des créatures, des croyances, des paysages, des langues, des symboles, des sons et des récits.

J’ai envie de participer à la création d’un imaginaire caribéen moderne; qui soit ludique, esthétique et accessible tout en restant profondément lié au territoire.

C’est aussi une manière de préserver mes souvenirs personnels et de les partager avec d’autres personnes qui reconnaîtront peut-être une partie d’elles-mêmes dans ces créatures.

Les bestioles déjà réalisées

2026-05-25T16:30:05+02:00

Colibagasse

Sa petite taille n'a d'égale que sa vitesse, mais ne l'empêche pas d'être belliqueux dès qu'on fait une intrusion dans son habitat naturel.